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Canton 26 - Octeville sur mer

Bientôt les élections cantonales

Dans un mois, nous sommes appelés à voter pour nos représentants au département. Ils s’appelleront dorénavant des conseillers départementaux et non des conseillers généraux. 

Un nouveau canton

Ces élections départementales inaugurent bien des changements dans la vie politique locale, à commencer par le découpage des nouveaux cantons.

Notre commune fait partie du 26ème canton des 35 que compte la Seine-Maritime : il s’agit du canton d’Octeville sur Mer, qui comprend 31 communes (il regroupe les deux anciens cantons de Criquetot et Montivilliers).

Qui va-t-on élire ?

Parité oblige, nous devons élire deux conseillers départementaux, un homme et une femme et leurs 2 remplaçants. Les femmes représentaient 27.5 % des élus départementaux, elles seront  dorénavant 50 %.  

Le conseil départemental de la Seine-Maritime sera donc composé de 70 élus (contre 69 aujourd’hui).

Quels sont les candidats ?

Le site du ministère de l’intérieur est consultable pour notre canton et tous les autres. Cliquez sur l’image !

les candidats aux élections cantonales

On peut noter qu’il y a moins de candidats qu’en 2011. Pour rappel, voici les résultats de 2011 sur ce canton (source : Wikipedia, l’encyclopédie libre). Cliquez sur l’image !

résultats cantonales 2011

Quel est le mode de scrutin ?

Il s’agit d’un scrutin majoritaire binominal à deux tours. Si un binôme obtient plus de 50 % et  plus du ¼ des voix des électeurs, il sera élu au 1er tour.

Sinon, pourront se maintenir les candidats ayant obtenu plus de 12.5 % des voix des électeurs inscrits… Telle est la loi. Mais le spectre de l’abstention plane sur ces élections. Il est donc prévu que si un seul binôme (ou aucun) obtient le seuil de 12.5 %, les deux premiers qui auront récolté le plus de voix pourront se maintenir au second tour.

Notons que dans l’ancien canton de Criquetot, en 2011, l’abstention était un petit peu au-dessus de la moyenne nationale (un peu plus de 46 % au 1er tour).

Les missions du conseil départemental

Les enjeux de cette élection sont pourtant importants. Rappelons pour mémoire les principales compétences de cette collectivité territoriale :

  • l’action sociale  (enfance, personnes handicapées, personnes âgées, aide sociale)
  • éducation (construction et gestion des collèges)
  • aménagement du territoire (routes, ports, gestion de l’eau, aménagement foncier…)
  • culture (bibliothèques, musées, création artistique…)

Si vous voulez en savoir davantage, voici un lien qui vous mènera vers le dossier de presse préparé par le Ministère de l’Intérieur :

http://www.interieur.gouv.fr/Presse/Dossiers-de-presse/Elections-departementales-des-22-et-29-mars-2015

ÉLECTIONS DES SÉNATEURS 2014

Le 20 juin, le conseil municipal s’est réuni pour procéder à la désignation des grands électeurs pour les sénatoriales.

 Le renouvellement de la seconde moitié du Sénat aura lieu le dimanche 28 septembre prochain. Ce jour-là, 178 sénateurs seront élus au suffrage universel indirect, c'est-à-dire par un collège de grands électeurs.

 Ces grands électeurs doivent au préalable être désignés de même que leurs suppléants par les assemblées municipales au cours d'une séance que le décret 532 du 26 mai 2014 a fixée au vendredi 20 juin 2014.

 En premier lieu, seuls peuvent être élus délégués ou suppléants les conseillers municipaux et les électeurs inscrits sur la liste électorale de la commune.

 Dans les communes de 1000 habitants et plus (c’est le cas de la commune de Saint Jouin Bruneval), délégués et suppléants sont élus sur la même liste suivant le système de la représentation proportionnelle avec application de la règle de la plus forte moyenne. La répartition des mandats se fait grâce au quotient électoral obtenu en divisant le nombre de suffrages exprimés dans la commune par le nombre de mandats de délégués.

Allez voir la vidéo sur le site du sénat Qui sont les grands électeurs ?

 La commune de Saint Jouin Bruneval avec 19 élus municipaux devait désigner 5 grands électeurs et 3 suppléants. 4 grands électeurs de la liste majoritaire « J'aime mon Village » et 1 grand électeur de la liste d'opposition « Choisissons notre Avenir » ont été désignés et auront donc la tâche d'élire nos sénateurs lors du vote du 28 Septembre. 3 suppléants de la liste majoritaire « J'aime mon Village » ont également été désignés.

Pour en savoir plus, consultez le site dédié à ces élections : http://www.senat.fr/senatoriales2014/index.html

LE BUDGET COMMUNAL

Aujourd’hui, nous avons bénéficié des explications de Patrice Delamare sur la situation financière de Saint Jouin Bruneval. D’aucuns pourraient dire : « oh ! c’est trop compliqué », ou encore : « les chiffres, chacun dit ce qu’il veut »…  Alors nous dirions : non et non !

Un budget communal ce n’est pas si compliqué à comprendre. C’est surtout une question de vocabulaire. Quant aux chiffres, ils sont vérifiables. L’État offre de plus en plus de données par Internet et il existe en mairie des documents que tout un chacun peut demander et consulter.

Téléchargez le document sur les finances de Saint Jouin Bruneval

Téléchargez le compte administratif 2012 Saint Jouin Bruneval

Téléchargez le BP 2013 Saint Jouin Bruneval

Le budget communal : qui fait quoi ?

C’est bien sûr le socle sur lequel reposent toutes les actions de la collectivité. Il est élaboré par le maire et voté par le Conseil Municipal (article 2312-1 du code général des collectivités territoriales). Le Conseil peut, s’il le souhaite, modifier le projet présenté par le maire ou lui demander un nouveau projet. Ce budget est aussi contrôlé par l’État. L’objectif de ce contrôle est d’assurer le respect des règles applicables à l’élaboration, l’adoption et l’exécution des budgets des communes. Il n’y a pas de contrôle par exemple sur les conséquences pour le contribuable des choix financiers votés par la commune. Un budget communal n’est donc pas exempt de reproches sous prétexte qu’il a été contrôlé par le Trésor Public ou la Préfecture.

Le budget communal : le calendrier

Un budget se prévoit, s’ajuste et se valide. Il existe trois étapes pour élaborer le projet.

1. La prévision : c’est le budget primitif. C’est le budget prévisionnel pour l’année en cours. Il doit être présenté avant le 15 avril par le maire et voté par le conseil municipal (en cas d’élection municipale, le vote est repoussé au plus tard le 30 avril). C’est par ce budget qu’on fixe le montant des impôts. On comprend l’étonnement de Patrice Delamare quand l’équipe sortante fixe le montant des impôts au dernier conseil municipal alors qu’elle n’a pas voté le budget primitif…

2. Les décisions modificatives. On ne peut pas tout prévoir exactement. Au cours de l’année,  on peut donc opérer des ajustements. 

3. Le bilan : c’est le compte administratif. Il s’agit de constater exactement les dépenses et les recettes. Il permet donc de vérifier et contrôler la gestion de la commune. Le Conseil municipal doit le voter dans les six mois qui suivent la fin de l’année en question (jusqu’au 30 juin 2014 pour le budget 2013). Si la commune n’a pas encore payé toutes les factures, elles seront alors reportées sur l’année d’après. C’est le cas pour le dernier compte administratif voté en février 2014 : en 2014, il restera à payer 2 116 000 € de dépenses prévues au budget 2013 et à encaisser 1 845 000 € soit un déficit pour les restes à réaliser de 271 000 € (à financer sur le budget primitif 2014) on comprend donc pourquoi les chiffres affichés par l’équipe sortante sont si bons. 

De quoi est composé un budget communal ?

Il est divisé en deux parties : une partie « fonctionnement » et une partie « investissement ». Un schéma vaut peut-être mieux que des mots.

Le budget d'une commune

 

cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

 

 

 

Les recettes sont normalement supérieures aux dépenses : l’argent dégagé (= l’excédent de fonctionnement) permet de financer des investissements.

Pour ceux qui souhaiteraient une explication en images : http://www.canal-.tv/video/dessine_moi_l_eco/l_elaboration_du_budget_d_une_commune.13678

Nous avons aussi les comptes administratifs de 2007 à 2011 en version papier : nous les tenons à votre disposition si vous le souhaitez. Voyez aussi notre page consacrée aux liens : vous en trouverez un de particulièrement intéressant sur la question. 

NOTRE RAMASSEUR DE GALETS DÉJÀ OUBLIÉ !

Au mois de janvier, une mini tempête médiatique secouait notre village à propos de notre cher rond-point. Vous en souvient-il ?

Notre association, qui a choisi l’œuvre de M. Plé pour emblème, s’est inquiétée de la négligence coupable du maire sortant et du silence qu’il opposait aux devis envoyés par l’artiste : notre Ramasseur de galets et son cheval ont besoin de soins.

Profitant de la venue de M. Plé dans la région, nous avons donc alerté la presse pour inciter l’équipe municipale à l’action. Et ça a marché ! — Enfin, nous l’avons naïvement cru.

Oui, M. Auber a promis que tout était déjà engagé, qu’il ne restait plus qu’à voter la somme nécessaire et que ce serait fait au prochain conseil municipal, à la fin du mois de février. Nous vous renvoyons à l’article paru dans le Havre Libre le 6 février : « La somme nécessaire sera votée par le conseil municipal. C’est la raison pour laquelle les travaux n’ont pas pu commencer. » Et des agents de s’activer dès le surlendemain pour nettoyer la statue…

Mais seulement, nous sommes en mars, le conseil municipal est passé… et il n’a pas été du tout fait mention de notre rond-point : aucun projet de réparation n’est en cours. Alors nous avons téléphoné au père du Ramasseur. M. Plé n’a eu aucune nouvelle de notre édile depuis sa visite, pas même un courrier de courtoisie.

Comment expliquer une telle dichotomie entre les paroles et les actes ?

De deux choses l’une (à moins que ce ne soit les deux).

1. Il n’y a plus d’argent dans les caisses et l’équipe sortante espère faire des économies de bout de chandelle en demandant à un autre prestataire que M. Plé de réparer notre rond-point, au mépris de toutes les garanties et du savoir-faire de l’artiste.

2. F. Auber a tenté de nous apaiser (artiste, journalistes et Saint Jouinais) en faisant des promesses qu’il savait ne pas pouvoir tenir ; il a alors escamoté la difficulté en comptant sur la faculté d’oubli des villageois et des gens de presse, pris dans le tourbillon du quotidien ou par les feux de l’actualité.

Seulement, les Saint Jouinais ne sont pas oublieux.

Au mois de janvier, nous tentions de distinguer le politique et le politicien. Et si notre association est née, c’est parce que les Saint Jouinais aspirent à tourner la page de l’action politicienne.

Nous rêvons, pour notre village, d’un maire courtois, respectueux de tous et homme de parole

DE L’INTÉRÊT GÉNÉRAL… ET DES INTÉRÊTS PARTICULIERS

L’engagement de « servir l’intérêt général » semble être un passage obligé dans tout discours électoral.

Pourquoi aucun candidat ne déroge-t-il à la règle ?

Le concept d’« intérêt général » légitime le pouvoir. Lui seul, semble-t-il, permet de créer le consensus nécessaire à l’exercice du pouvoir.

Deux conceptions de « l’intérêt général »

Cependant, quand le candidat s’engage à servir l’intérêt général, il n’a rien dit. En effet, il en existe deux conceptions bien différentes.

L’intérêt général peut être compris comme l’ajustement de tous les intérêts particuliers : on cherche le meilleur compromis possible après avoir examiné les intérêts de chacun. Dans cette perspective, les élus sont invités à multiplier les contacts sociaux, et à écouter les différents lobbies pour mettre en balance le plus justement possible les arguments des uns et des autres.  C’est ainsi que les États-Unis, par exemple, ont compris la notion d’« intérêt général ».

En France, en revanche, on a longtemps opposé l’intérêt général aux intérêts particuliers, pensant même qu’ils ne pouvaient qu’être en conflit. L’intérêt général était compris comme quelque chose de supérieur, garanti par l’État et l’administration. Du coup, au lieu d’entrer au contact avec les gens, on invitait élus et agents de l’administration à « prendre de la hauteur », à se préserver de toute pression.

Comment on en arrive à se méfier des citoyens…

On comprend alors que, dans un tel système,  toute forme de participation soit plutôt mal vue, voire rejetée. Comment ? Des citoyens se permettraient d’intervenir dans des décisions en matière de politique culturelle, éducative ou urbanistique ? Mais ils ne penseraient qu’à leur petite chaumière, qu’à leur famille, leurs petits intérêts de propriétaires ou de parents…

C’est bien là ce que semble penser notre maire sortant et son équipe. Pendant six ans, ils ont pris des décisions sans que les Saint Jouinais soient partie prenante, se plaçant « au-dessus » des citoyens ordinaires, se posant comme « garants de l’intérêt général ». Et quand on lit leur dernière plaquette, c’est ainsi que cela devrait continuer puisqu’ils se disent « rassemblé[s], non pas autour d’intérêts particuliers, mais sur l’envie de servir l’intérêt général ».

Une conception dépassée et élitiste

Seulement,  cette conception est aujourd’hui bien dépassée. La notion d’« intérêt général » ne suffit plus à rendre le pouvoir légitime. On souhaite maintenant avoir la démonstration concrète que les politiques engagées ont été fondées et utiles. Et les électeurs ne font plus guère confiance en leurs élus pour se placer « au-dessus de la mêlée ».

Comment alors remédier à ce déficit de légitimité ? En instaurant la démocratie participative. Il est en effet bien naïf ou hypocrite de croire que l’intérêt général va sortir tout préparé du cerveau de quelques élus municipaux, comme une barquette de hachis-parmentier du congélateur… Si l’on veut renforcer la qualité des choix, les membres de la société civile ont aussi leur mot à dire et tous doivent mettre la main à la pâte.

Les contradictions du candidat sortant

Alors quand M. Auber et son équipe justifient leur politique en arguant de « l’intérêt général » contre « les intérêts particuliers » et qu’ils promettent en même temps (pour imiter Patrice Delamare et la liste « Choisissons notre avenir ») un « conseil participatif », on comprend l’incohérence des propos. De là à penser que le « passage obligé » devienne langue de bois… 

LE CHOC DES PHOTOS ?

Faire voir : tout est là. Les mots peuvent mentir. L’électeur se méfie des mots qu’on répète, qu’on s’approprie parce qu’on sait qu’ils peuvent plaire.

Mais l’image, elle, ne ment pas : on pense qu’elle est la réalité, qu’elle est la vérité. On a tellement confiance en ce que nos yeux ont vu qu’on doit faire des efforts pour garder l’esprit critique.

Les professionnels de la « com » en politique (c’est à dessein que nous employons cette abréviation critique pour distinguer la « com » de la vraie communication) l’ont bien compris. Ainsi voit-on fleurir les photographies dans leurs documents de campagne, notamment dans leurs bilans — quand ils briguent un nouveau mandat.

Saint-Jouin Bruneval n’a pas échappé à ce genre de rétrospective en images : dans le bilan de l’équipe sortante,  on a vu maints clichés pour « prouver » que les actes suivaient les paroles ; on a même eu droit à des avant/ après pour « attester » du travail fourni.

Mais, encore une fois, l’image ne démontre rien du tout. Elle n’est que représentation d’une réalité, elle n’est qu’un point de vue. La preuve :

photo décembre parking plagephoto décembre plateforme camping car

 

 

 

 

 

 

 

Ce sont des images prises au mois de décembre 2013. Bien après 2008, donc. 

Ou encore :

plafond vestiaires du foot

      vestiaires du foot       

 

 

 

 

 

Ce sont des photographies des vestiaires du club de foot (elles datent de la semaine dernière). On aurait pu en donner de semblables de la salle de danse (pas si rutilantes que la vignette présentée dans le bilan dont nous parlions).

Qu’est-ce que cela signifie ? Ni les unes ni les autres ne mentent ni ne disent la vérité. Les photographies ne sont pas des preuves. Et c’est d’autant plus vrai aujourd’hui que tout un chacun peut les manipuler avec un simple logiciel de retouche d’images…

En communication politique, les images ne sont que des arguments discutables ou des illustrations. La question à se poser est celle-ci : pourquoi nous montre-t-on cela ? 

Politique et politicien

La politique expliquée à ma fille

En cette période pré-électorale, les enfants entendent beaucoup parler de politique. Certains mots vont et viennent dans les médias ou les conversations des parents. Du coup, hier soir, alors que je venais faire un dernier baiser à ma fille avant le coucher,  elle me dit :

« Dis, c’est quoi la différence entre un politique et un politicien ? 

– La différence entre un homme politique et un politicien ? À cette heure-ci ?

– Oui, Papa a dit tout à l’heure qu’il ne souhaitait pas un politicien à la mairie de notre village.

– Ça oui !

– Oui, mais c’est quoi la différence entre un homme politique et un politicien ? »

Bien, puisque j’avais déjà raté le début du téléfilm, autant prendre le temps de faire une leçon d’éducation civique…

«  Vois-tu, un homme politique, c’est quelqu’un de bien. Il va consacrer de son temps aux autres. Le politicien, lui, s’occupe de lui, de sa carrière.

– Comment ça ?

– Le politicien est un professionnel de la politique. Il en a fait son métier. Il ne fait que cela. L’homme politique, lui, appartient toujours à la société civile : comme tout le monde, il a un métier, des collègues…

– Il a le temps de faire les deux ?

– Bah, s’il est ministre, non. Mais quand on est maire d’un village de moins de 2000 habitants, on peut, oui. On peut être agriculteur, menuisier, ou principal de collège par exemple. Et l’avantage, c’est qu’on ne se coupe pas du quotidien des gens, vois-tu. Et on reste libre.

– Il y a d’autres différences ?

– Bien sûr ! Le politicien, lui, ne respecte pas ses électeurs. Par exemple, un candidat se présente sur une liste sans étiquette politique ; il est élu. Mais pendant son mandat il s’affilie à un parti ; eh bien ça, c’est manquer de considération pour ses électeurs.

– C’est vrai, c’est pas réglo.

– Bah oui. En plus, l’homme politique, lui, utilise le langage pour convaincre les gens, mais il s’appuie sur des valeurs qui sont les siennes, il est sincère. En revanche, chez le politicien, il n’y pas de cohérence entre son discours et ses actes.

– C’est-à-dire ?

– Par exemple, un politicien va invoquer des grandes figures humanistes, comme Nelson Mandela mais fera le contraire de ce qu’il dit. Par exemple, il prendra ses décisions seul, ou avec une poignée de personnes, sans concertation avec les habitants.  Et pourtant, que disait son prétendu modèle ? «Ce qui est fait pour nous sans nous est fait contre nous ».

– C’est super beau, ça !

– Oui, c’est la démocratie participative… Mais revenons à notre politicien. Il va parler de valeurs humaines… pourtant il utilisera la justice non pour la justice mais comme un instrument au service de ses intérêts partisans. Il est capable ainsi de parler de « coups juridiques ». De même, la loi, c’est fait pour quoi ?

-Bah… euh…  fixer des règles pour la société, non ? Et protéger les citoyens.

– Voilà ! Alors quand un politicien instrumentalise la loi pour se dérober ou pour esquiver des problèmes, que faut-il en penser ?

– Bah, je sais pas moi. Tu as un exemple ?

– Oui. Chaque citoyen a le droit de contrôler l’action des élus locaux. Pour ça, il a le droit de demander tout document qui rend compte des actions de Conseil Municipal, comme  une copie d’un compte administratif.  Le maire a le devoir de communiquer ces informations. La loi lui donne un mois pour le faire. S’il attend le dernier moment pour transmettre le document ou s’il attend qu’on saisisse une instance pour l’obliger à le faire…  crois-tu que ça, c’est être au service des gens ?

– Bah non.

– Voilà ! parce qu’il a obtenu la majorité des voix à un moment donné, il croit que tous les autres doivent se soumettre. Tout compromis semble méprisable. Et il a souvent recours à la stratégie qui consiste à ne dire qu’une partie des choses et à occulter le reste. Par exemple, il ne donne que certains chiffres ou qu’une partie des décisions du Conseil Municipal. Et toute cette stratégie coûte très cher : le budget « communication » d’un politicien est souvent impressionnant !

– Eh bien ! Je comprends mieux maintenant. Mais, dis-moi, tu n’as pas raté ton téléfilm là ?

– Si, mais j’ai gagné un beau moment avec ma fille ! »