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voeux 2015

Belle et joyeuse année 2015

Chers Saint Jouinais, 

Nous sommes heureux de vous souhaiter une belle et bonne année 2015. Qu'elle vous apporte santé, rires et plaisirs quotidiens. 

Qu'elle puisse aussi rimer avec davantage de démocratie et de transparence pour tous les Saint Jouinais. 

Adhérents ou sympathisants, nous vous invitons aussi à l'assemblée générale de notre association qui a lieu le 24 janvier (voir événement ci-contre). 

 

 

 

CHÉRIE, J’AI RÉTRÉCI LE CONSEIL MUNICIPAL !

À chaque héros, son antihéros. Ainsi avons-nous déjà opposé le politicien à l’homme politique.

Aujourd’hui, c’est au Cid que nous avons trouvé un anti-Cid. Vous rappelez-vous Rodrigue, le héros de Corneille, racontant la bataille qui lui assura la gloire1 ?

À Saint-Jouin Bruneval, on raconte aussi beaucoup d’histoires (cela s’appelle le story-telling) : voici ce qu’aurait pu dire notre maire sortant s’il avait écrit son bilan en alexandrins :

« Sous moi donc cette troupe s'avance,

Et porte sur le front une mâle assurance.

Nous partîmes dix-neuf ; mais las ! certains l’ignorent

Nous nous vîmes une huitaine en arrivant au port ! »[1]

Fidèles internautes, cette petite facétie littéraire vous est proposée en bonus, après le 1er épisode de la série saint-jouinaise : « Chéri, j’ai rétréci… ».

Ci-dessous, vous trouverez en effet le texte du tract que nous avons distribué dans les boîtes aux lettres de notre village ce week-end, afin de rappeler qu’il est bien temps, aujourd’hui, de proposer un « conseil participatif » quand on a gouverné la commune de façon si peu démocratique.

Il semble en effet que ce que nous proposons sincèrement depuis notre naissance, la démocratie participative, devienne un élément de langage dans la bouche de l’équipe sortante.

Mais nous reviendrons plus tard sur la « com » à Saint Jouin, il y a tant à dire !


Chérie, j’ai rétréci le Conseil municipal !

Le conseil municipal sortant a présenté son bilan dans une luxueuse plaquette et dans une interview accordée à la presse locale. Sans s’encombrer de modestie, notre maire tire satisfaction de son travail : « Notre bilan est exceptionnel », lit-on par exemple dans le Paris Normandie du 12 février 2014. Un bilan « exceptionnel »… L’adjectif est surprenant : amnésie partielle ? péché par omission ?

M. Auber semble oublier qu’en février 2012 il avait déjà perdu 5 conseillers.

Le 10 février 2012, dans le n° 3169 du Journal de Criquetot, nous lisions ceci :

 

article Journal de Criquetot - "les élus en mal de maire"- 10/02/2012

 

 

 

Cliquez sur l'image pour lire l'article

 

Depuis 3 autres ont encore démissionné : soit 8 au total sur 19.

Oui, notre maire (qui en d’autres temps dénonçait « le déni de démocratie »)  oublie de préciser que, depuis deux ans, les décisions qui engagent l’avenir de Saint Jouin Bruneval sont votées par seulement 8 Saint Jouinais.

Il oublie de dire que dans l’équipe restante, 3 conseillers n’habitent plus Saint Jouin.

Alors oui, on peut parler de bilan « exceptionnel » : voyez les communes autour de nous : aucune ne peut s’enorgueillir d’une pareille situation. C’est en  effet admirable, inaccoutumé, hors normes… qu’un conseil municipal se ratatine à ce point !

Comment alors faire confiance à un candidat qui n’est pas capable de travailler à long terme avec tous les membres de son équipe ? qui n’est pas capable de prendre en compte des avis divergents ? Les élus ne sont-ils pas là pour RASSEMBLER ?

 


[1] Texte original :

« Sous moi donc cette troupe s'avance, 
Et porte sur le front une mâle assurance. 
Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort 
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port » (Corneille, Le Cid, acte IV, scène 3)

 

INFORMER N’EST PAS COMMUNIQUER

À quelles conditions un édile peut-il se vanter de « communiquer » avec les habitants de sa commune ?

Peut-on prétendre communiquer parce qu’on a régulièrement distribué des journaux municipaux, créé un site Internet et fait installer un panneau lumineux ? Maints spécialistes de la communication vous diront que non, ce n’est pas de la communication, mais de l’information. Quand on informe quelqu’un, on se contente d’envoyer un message. Quand on communique avec quelqu’un, on entre dans un système d’échanges.

Peut-on alors parler de communication à propos de réunions de hameaux où « les habitants sont invités à rencontrer des élus pour poser leurs questions » ? Là encore, il s’agit d’un discours unilatéral : l’un questionne, l’autre sait. Les habitants seraient alors du côté de l’ignorance, le conseil municipal du côté du savoir (cf. Saint Jouinais, votez pour vous !).

En politique, l’information est insuffisante. On ne peut se contenter d’une relation descendante avec les habitants. Un conseil municipal ne peut pas se contenter d’expliquer, il doit toujours remettre son ouvrage sur le métier de la négociation, de l’échange, de la communication.

Alors, dans leur bilan, certains élus se targuent de « communiquer » en organisant des réunions de « concertation ». Des réunions de concertation où on « informe », on « fait visiter », on « écoute »…. Autant de  beaux discours, autant de  miroir aux alouettes-électeurs. 

Concerter ne signifie pas « prendre en compte l’avis des habitants ». Si l’on veut véritablement parler de communication, il faut parler de coélaboration ou de collaboration. Rien dans tout cela pour des réunions sans suite, simples faire-valoir d’élus en mal de légitimité.

Enfin, communiquer, ce n’est pas simplement échanger ou partager des idées. On ne communiquerait alors qu’avec les personnes qui sont d’accord avec nous. « Communiquer, c’est autant partager ce que l’on a en commun que gérer les différences qui nous séparent » (Dominique Wolton).

Même habitants d’un petit village, nous avons parfois des valeurs différentes, nous avons des aspirations différentes, nous appartenons à des groupes différents. Communiquer, c’est tenir compte aussi de ces différences, c’est faire tenir tout ensemble. C’est faire en sorte que tout le monde cohabite.

Cela, un maire qui voit son conseil municipal se déliter et nombre de colistiers démissionner faute de dialogue, cela ce maire ne sait pas faire.

Cela, un maire qui n’a de contacts avec les associations sportives de son village que par mails, cela ce maire ne sait pas faire.

Cela, un maire qui refuse d’adresser la parole à certains de ses concitoyens en désaccord avec lui, qui ne salue pas les personnes qu’il n’estime pas de « son camp »  ou qui leur répond « ça ne vous regarde pas »… cela, ce maire ne sait pas faire.

Dans ces conditions, se vanter d’aller à la rencontre des gens est aussi saugrenu que… qu’un clinquant panneau lumineux sur la place d’un village. 

RURALITÉ

Si nous soutenons la liste menée par Patrice Delamare pour les prochaines élections, c’est parce qu’elle s’est fixé comme objectif de préserver la ruralité de notre commune. Et, pour nous, à Saint-Jouin Bruneval, c’est important. Pourquoi ? Qu’est-ce que c’est que ça : la « ruralité » ?

 

Une commune rurale se définit d’abord, simplement, par son nombre d’habitants : les chercheurs s’accordent sur le seuil des 2000 habitants. Mais cela est bien réducteur et ne suffit pas.

D’autres critères, moins statistiques, définissent plus sûrement la ruralité, notamment le haut degré d’interconnaissance de ses habitants. Les habitants d’un village ont le sentiment d’être reliés aux autres par des liens de proximité, de solidarité et d’interdépendance.

C’est cela qui importe avant tout :  que je puisse compter sur mon voisin pour aller chercher mon enfant à l’école si j’ai un empêchement ; qu’on puisse compter sur nos agriculteurs pour circuler plus facilement en cas de neige ;  qu’on ne laisse pas notre voisine toute seule et sans secours…

Et dans tout cela, la municipalité a un rôle décisif. Ainsi doit-elle favoriser la croissance démographique avec mesure et réflexion : l’intégration des nouveaux résidents est cruciale pour garder ce degré d’interconnaissance qui fait le charme de la vie villageoise.  Est-il concevable que cinquante foyers puissent d’un seul coup intégrer un village de 1800 âmes ? Il faut laisser aux nouveaux habitants le temps de tisser des liens solides avec leur environnement avant d’en solliciter d’autres. Sinon, que risque-t-il de se passer ?

On ne se connaît pas, on ne discute pas, et naissent des conflits d’usage. Les habitants sont alors susceptibles de s’affronter autour d’un chemin de randonnée ou de l’installation d’une nouvelle activité… et la vie villageoise devient une série de batailles sans fin.

La municipalité doit aussi travailler à tisser toujours plus de liens entre les habitants : toujours travailler dans le compromis, la conciliation : c’est dans cette optique qu’est née notre association.

Et elle doit aussi encourager tout ce qui peut favoriser le dialogue et la solidarité : une fête de village par exemple, mais aussi les initiatives des associations locales.

Voilà ce que nous appelons la « ruralité ». Tâcher de vivre harmonieusement avec nos concitoyens. Être heureux de saluer quinze personnes quand on traverse le village. Vivre simplement ensemble

UNE VICTOIRE DE NOTRE ASSOCIATION : LE « ROND-POINT DU CHEVAL » EN PASSE D’ÊTRE SAUVÉ !

Un rond-point négligé par la municipalité

Le ramasseur de galets

Le ramasseur de galets

Nous avons expliqué pourquoi nous avons choisi Le Ramasseur de galets pour emblème. Mais nous n’avons pas encore confié la bien mauvaise surprise qui a été la nôtre quand nous avons contacté M. Plé.

L’artiste a confirmé de méchantes rumeurs qui circulaient autour de notre rond-point : oui, il était en danger, oui son avenir était compromis. Pourquoi ? La raison est, hélas ! consternante : l’incurie de l’actuelle municipalité de Saint Jouin Bruneval.

Bien sûr nous constatons tous que notre Ramasseur de galets n’est pas entretenu : il est recouvert de saleté et personne ne semble avoir eu l’idée de le nettoyer. Cette négligence ne rehausse pas l’image de notre commune auprès des touristes, comme une vitrine sale n’engage pas à entrer dans un magasin.

Mais bien plus sournois est le mal qui ronge notre statue : abîmée par l’impact de pierres jetées par quelques vandales en mal de stupidité, elle se délamine.  L’eau pénètre par les impacts laissés sur la résine. L’humidité dégrade alors la fibre : elle s’effrite comme un millefeuille. Si rien n’est fait, les blessures vont se propager à l’ensemble de l’œuvre.

Elle est pourtant conçue pour durer : elle est sculptée dans la mousse de polyuréthane, puis coloriée, vernie, traitée contre les UV, les graffitis… mais comment traiter contre la bêtise de quelques désœuvrés ? On ne peut que réparer… si on en a la volonté… si on s’intéresse à préserver le patrimoine de son village.

La municipalité actuelle a été avisée de tout cela. Mais jusqu’à présent, elle a fait la sourde oreille. Il semble que cela ne l’intéressait pas. M. Plé est venu trois fois constater le triste état de son œuvre ; il a envoyé un devis laissé sans réponse.

« Cela ne vous regarde pas » (M. Auber)

Las ! Que faire ? Nous avons avisé la presse de la situation. De passage dans la région, M. Plé a répondu à notre invitation afin d’alerter les Saint Jouinais à travers les journaux. Cet après-midi, nous nous sommes retrouvés sur place : navré, l’artiste nous a montré les blessures infligées à son œuvre.

À ce moment, quel heureux hasard ! M. le Maire passait par là. Inquiet, il s’est arrêté et nous l’avons interpelé sur ses intentions. Ignorant superbement les membres de notre association, il s’est écarté pour s’entretenir avec l’artiste. Il ne tenait pas à « parler devant nous ». Nous lui avons demandé les raisons d’une telle discrétion. La réponse ? « Cela ne vous regarde pas. » Réponse bien curieuse : le patrimoine de la commune « ne regarde pas » les Saint Jouinais. Les décisions budgétaires « ne regardent pas » les Saint-Jouinais…

Une victoire de notre association

Passons outre. Ce qui compte, c’est que, effrayé par la tournure médiatique que prenait l’affaire, M. le Maire s’est engagé à budgéter, dès ce mois-ci, la réparation de notre rond-point. Après des mois et des mois de silence, il a montré un empressement surprenant à s’occuper d’un patrimoine qui nous tient à cœur.

Nous serons bien sûr attentifs à ce que sa promesse soit respectée.