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Notre littoral

RESTAURATION DU SENTIER DU LITTORAL : COMMENT ÇA MARCHE ?

Lors de la réunion organisée par l’APDPPS le 26 novembre 2014, était présente Estelle Clément, chargée au Conseil Général de la valorisation des espaces naturels. Elle a expliqué comment on restaurait peu à peu le sentier du littoral.

Des propositions bien farfelues

La discussion est née après que Mme Hanin, présidente de l’APDPPS a rapporté la mésaventure survenue à deux agriculteurs de la région. Ils ont eu la visite d’un représentant du Conservatoire du Littoral qui leur a fait des propositions extravagantes : couper une parcelle en deux, en diagonale, par un chemin sinueux ; couper une parcelle de 6 ha en quatre pour avoir des couleurs différentes dans le paysage… L’inquiétude s’est alors répandue comme traînée de poudre.

La restauration du sentier du littoral, engagée depuis 2010

Estelle Clément a tenu alors à préciser que c’est le Conseil Général qui pilote le tracé du sentier. Sa restauration est engagée depuis 2010, dans la concertation avec les agriculteurs afin de canaliser le passage des randonneurs sur les parcelles. Comment cela se passe-t-il ?  Le département définit d’abord un itinéraire. Puis les communes sont sollicitées pour en discuter. Ensuite, chaque propriétaire est contacté et le dialogue s’instaure.

Les avantages de cette restauration ?

Quels sont les avantages de cette restauration ? Le passage est bien défini et offre toutes les conditions nécessaires de sécurité aux randonneurs comme aux propriétaires. Le département prend en charge le recul de la parcelle (il faut compter de 30 m à 50 m pour ne pas être trop au bord de la falaise) : il paie la clôture par exemple.

Si le propriétaire refuse catégoriquement qu’on traverse sa parcelle, alors on la contourne.

Et qui entretient l’itinéraire ? Le Conseil Général met en place une convention avec les collectivités locales (commune ou communauté de communes) pour que le propriétaire n’ait pas à entretenir le sentier.  Enfin, en cas d’accident, le propriétaire est déchargé de toute responsabilité.

D’une convention à une servitude

La convention d’autorisation de passage est signée pour 3 ans.

La représentante du département a précisé que le droit de passage est une servitude dans la loi. Sauf que sur notre Côte d’Albâtre, ce droit de passage se situe…  à flanc de falaise.

Il faut donc bien comprendre que toutes ces démarches, fondées sur le dialogue, sont à terme une façon d’imposer une nouvelle servitude. Le propriétaire s’engage pour 3 ans mais en tout  état de cause, ensuite, il ne pourra plus guère revenir en arrière.

Ces éclairages étaient fort intéressants : la commune de Saint Jouin Bruneval n’est pas concernée dans l’immédiat mais cela ne saurait tarder. Il vaut mieux être informé avant. 

INFORMER N’EST PAS COMMUNIQUER

À quelles conditions un édile peut-il se vanter de « communiquer » avec les habitants de sa commune ?

Peut-on prétendre communiquer parce qu’on a régulièrement distribué des journaux municipaux, créé un site Internet et fait installer un panneau lumineux ? Maints spécialistes de la communication vous diront que non, ce n’est pas de la communication, mais de l’information. Quand on informe quelqu’un, on se contente d’envoyer un message. Quand on communique avec quelqu’un, on entre dans un système d’échanges.

Peut-on alors parler de communication à propos de réunions de hameaux où « les habitants sont invités à rencontrer des élus pour poser leurs questions » ? Là encore, il s’agit d’un discours unilatéral : l’un questionne, l’autre sait. Les habitants seraient alors du côté de l’ignorance, le conseil municipal du côté du savoir (cf. Saint Jouinais, votez pour vous !).

En politique, l’information est insuffisante. On ne peut se contenter d’une relation descendante avec les habitants. Un conseil municipal ne peut pas se contenter d’expliquer, il doit toujours remettre son ouvrage sur le métier de la négociation, de l’échange, de la communication.

Alors, dans leur bilan, certains élus se targuent de « communiquer » en organisant des réunions de « concertation ». Des réunions de concertation où on « informe », on « fait visiter », on « écoute »…. Autant de  beaux discours, autant de  miroir aux alouettes-électeurs. 

Concerter ne signifie pas « prendre en compte l’avis des habitants ». Si l’on veut véritablement parler de communication, il faut parler de coélaboration ou de collaboration. Rien dans tout cela pour des réunions sans suite, simples faire-valoir d’élus en mal de légitimité.

Enfin, communiquer, ce n’est pas simplement échanger ou partager des idées. On ne communiquerait alors qu’avec les personnes qui sont d’accord avec nous. « Communiquer, c’est autant partager ce que l’on a en commun que gérer les différences qui nous séparent » (Dominique Wolton).

Même habitants d’un petit village, nous avons parfois des valeurs différentes, nous avons des aspirations différentes, nous appartenons à des groupes différents. Communiquer, c’est tenir compte aussi de ces différences, c’est faire tenir tout ensemble. C’est faire en sorte que tout le monde cohabite.

Cela, un maire qui voit son conseil municipal se déliter et nombre de colistiers démissionner faute de dialogue, cela ce maire ne sait pas faire.

Cela, un maire qui n’a de contacts avec les associations sportives de son village que par mails, cela ce maire ne sait pas faire.

Cela, un maire qui refuse d’adresser la parole à certains de ses concitoyens en désaccord avec lui, qui ne salue pas les personnes qu’il n’estime pas de « son camp »  ou qui leur répond « ça ne vous regarde pas »… cela, ce maire ne sait pas faire.

Dans ces conditions, se vanter d’aller à la rencontre des gens est aussi saugrenu que… qu’un clinquant panneau lumineux sur la place d’un village.