Photo illustrative représentant un pin parasol

Le pin parasol : une essence normande ?

Notre région se caractérise historiquement par deux types de plantation majeurs : les talus des clos-masures et les vergers.

Les talus des clos-masures

Le clos-masure est un corps de ferme à bâtiments dispersés selon la définition du Corpus de l’architecture rurale française. Mais ce qui fait son originalité, ce sont les talus plantés qui entourent la cour. D’une hauteur moyenne de 2 mètres, les talus sont étrangement dénommés dans le Pays de Caux « fossés » Leur sommet est planté d’arbres d’essences variées (chêne, frêne, charme). Mais l’essence majoritaire depuis le XIXème siècle est le hêtre. L’orme était également présent mais a été éliminé  par la graphiose. Ces talus plantés rendent l’openfield cauchois sans horizon lointain et sont de véritables trames vertes dans le paysage.

Selon le CAUE, Les talus plantés ont plusieurs utilités majeures :

  • Freiner le vent et tempérer le climat
  • Diminuer les eaux de ruissellement et améliorer leur qualité
  • Préserver une faune et une flore locales diversifiées

Les vergers du pays de Caux

La cour du clos-masure traditionnel est plantée d’un verger composé essentiellement de pommiers de haute-tige. Quelques poiriers, pruniers ou cerisiers sont plantés ponctuellement. La présence du verger répond en premier à la nécessité de produire une boisson quotidienne : le cidre. Chaque ferme en fabrique pour sa consommation personnelle et les vergers sont omniprésents dans le paysage cauchois au XIXème et début du XXème siècle. Très utiles durant les deux guerres mondiales, les agriculteurs vendant leurs alcools à l’Etat pour la fabrication d’explosifs. Les vergers se font, hélas, de plus en plus rares après 1945. De plus, des lois votées dans les années 1950, dans le cadre d’un plan contre l’alcoolisme, restreignent la plantation de vergers et encouragent par des subventions l’arrachage de ceux-ci. Aujourd’hui, on compte environ 300 000 pommiers dans le Pays de Caux.

Le pin parasol, une espèce locale ?

C’est donc avec amusement que nous avons lu l’article suivant : http://www.paris-normandie.fr/detail_communes/articles/4619549/region/saint-jouin-bruneval–douze-pins-maritimes-vont-etre-plantes#.VmRFvnldEt4.

Certains acteurs locaux communiquent sur l’implantation de pins parasols, « espèce locale »…  En effet, cet arbre pousse abondamment sur le pourtour méditerranéen, dans les bois ou les maquis, où il est souvent associé au chêne vert et au pin d'Alep. On le trouve également dans le bassin aquitain. C’est très… local.

Mais pardonnons à notre édile : boudant le PS, il vient seulement de  se rapprocher du mouvement Europe-Ecologie-les-Verts. Il a sans doute encore beaucoup à apprendre en matière de biogéographie.