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LE CHOC DES PHOTOS ?

Faire voir : tout est là. Les mots peuvent mentir. L’électeur se méfie des mots qu’on répète, qu’on s’approprie parce qu’on sait qu’ils peuvent plaire.

Mais l’image, elle, ne ment pas : on pense qu’elle est la réalité, qu’elle est la vérité. On a tellement confiance en ce que nos yeux ont vu qu’on doit faire des efforts pour garder l’esprit critique.

Les professionnels de la « com » en politique (c’est à dessein que nous employons cette abréviation critique pour distinguer la « com » de la vraie communication) l’ont bien compris. Ainsi voit-on fleurir les photographies dans leurs documents de campagne, notamment dans leurs bilans — quand ils briguent un nouveau mandat.

Saint-Jouin Bruneval n’a pas échappé à ce genre de rétrospective en images : dans le bilan de l’équipe sortante,  on a vu maints clichés pour « prouver » que les actes suivaient les paroles ; on a même eu droit à des avant/ après pour « attester » du travail fourni.

Mais, encore une fois, l’image ne démontre rien du tout. Elle n’est que représentation d’une réalité, elle n’est qu’un point de vue. La preuve :

photo décembre parking plagephoto décembre plateforme camping car

 

 

 

 

 

 

 

Ce sont des images prises au mois de décembre 2013. Bien après 2008, donc. 

Ou encore :

plafond vestiaires du foot

      vestiaires du foot       

 

 

 

 

 

Ce sont des photographies des vestiaires du club de foot (elles datent de la semaine dernière). On aurait pu en donner de semblables de la salle de danse (pas si rutilantes que la vignette présentée dans le bilan dont nous parlions).

Qu’est-ce que cela signifie ? Ni les unes ni les autres ne mentent ni ne disent la vérité. Les photographies ne sont pas des preuves. Et c’est d’autant plus vrai aujourd’hui que tout un chacun peut les manipuler avec un simple logiciel de retouche d’images…

En communication politique, les images ne sont que des arguments discutables ou des illustrations. La question à se poser est celle-ci : pourquoi nous montre-t-on cela ? 

ENCOURAGER TOUTES LES BONNES VOLONTÉS

Une activité intéressante mais… onéreuse

Un « atelier autour du vin et de la lecture » est proposé à tous les Saint Jouinais qui le souhaitent, un jeudi par mois, et ce jusqu’au mois de juin.. Allier l’ivresse des mots aux plaisirs des œnophiles : c’est alléchant. 

Seulement, cette proposition n’est pas gracieuse. Il en a coûté à chacun 10 euros… pour la première séance. Et il en coûtera 15 euros pour chacune des suivantes… soit au total 70 euros.  Cela vous fait hésiter ? En effet, tout le monde n’a pas les moyens de participer à cet atelier.

Quelles activités sont offertes à ceux-là et à ceux qui voudraient faire autre chose que goûter les plaisirs du vin ?

Des refus ou des silences incompréhensibles

Nous pensons à tous ces habitants qui ont proposé à l'équipe municipale des animations  bénévoles : échanges en anglais, cours de guitare, expositions de photos,  etc.  Tous ont essuyé un refus…  quand ils ont eu la chance d'avoir une réponse.

Une autre personne avait proposé de s'investir dans des activités bénévoles caritatives et auprès de personnes âgées isolées : n'ayant aucun retour de la mairie, elle s'est engagée dans ce genre d'activité auprès d'une association havraise.

Nous regrettons, pour notre part, une telle indifférence aux propositions spontanées de ces Saint Jouinais : ils sont porteurs de connaissances ou ils ont cultivé un talent particulier et souhaitent les partager avec d'autres habitants. Ils ambitionnent de donner un peu d’eux-mêmes aux autres : c'est aussi sur des temps d’échanges comme ceux-ci que se construit le lien social.

Pourquoi le conseil municipal sortant a-t-il refusé de telles opportunités aux Saint Jouinais ? Pourquoi n’a-t-il pas voulu leur permettre de valoriser leurs compétences ?

Saisir toutes les chances qui sont offertes à notre commune

La démocratie participative commence par là : reconnaître que chaque habitant peut apporter une brique à l’édifice et s’impliquer dans la vie communale pour, ensuite, participer à l’élaboration d’une politique qui concerne tout le village.

Proposer la démocratie participative aux habitants d’une commune, c’est tourner le dos à un fonctionnement pyramidal où tout « tombe du haut » pour peser sur le « bas ». C’est au contraire s’appuyer sur le socle d’habitants le plus large possible afin de porter des projets ensemble, sans se contenter de vains mots.

L’entreprise est difficile car elle sort des schémas habituels. Mais encourager et faciliter tous les projets créateurs de lien social, individuels et collectifs, que chacun peut inventer, est une première étape toute simple, respectueuse de tous, et vectrice de belles satisfactions. 

CHÉRIE, J’AI RÉTRÉCI LE CONSEIL MUNICIPAL !

À chaque héros, son antihéros. Ainsi avons-nous déjà opposé le politicien à l’homme politique.

Aujourd’hui, c’est au Cid que nous avons trouvé un anti-Cid. Vous rappelez-vous Rodrigue, le héros de Corneille, racontant la bataille qui lui assura la gloire1 ?

À Saint-Jouin Bruneval, on raconte aussi beaucoup d’histoires (cela s’appelle le story-telling) : voici ce qu’aurait pu dire notre maire sortant s’il avait écrit son bilan en alexandrins :

« Sous moi donc cette troupe s'avance,

Et porte sur le front une mâle assurance.

Nous partîmes dix-neuf ; mais las ! certains l’ignorent

Nous nous vîmes une huitaine en arrivant au port ! »[1]

Fidèles internautes, cette petite facétie littéraire vous est proposée en bonus, après le 1er épisode de la série saint-jouinaise : « Chéri, j’ai rétréci… ».

Ci-dessous, vous trouverez en effet le texte du tract que nous avons distribué dans les boîtes aux lettres de notre village ce week-end, afin de rappeler qu’il est bien temps, aujourd’hui, de proposer un « conseil participatif » quand on a gouverné la commune de façon si peu démocratique.

Il semble en effet que ce que nous proposons sincèrement depuis notre naissance, la démocratie participative, devienne un élément de langage dans la bouche de l’équipe sortante.

Mais nous reviendrons plus tard sur la « com » à Saint Jouin, il y a tant à dire !


Chérie, j’ai rétréci le Conseil municipal !

Le conseil municipal sortant a présenté son bilan dans une luxueuse plaquette et dans une interview accordée à la presse locale. Sans s’encombrer de modestie, notre maire tire satisfaction de son travail : « Notre bilan est exceptionnel », lit-on par exemple dans le Paris Normandie du 12 février 2014. Un bilan « exceptionnel »… L’adjectif est surprenant : amnésie partielle ? péché par omission ?

M. Auber semble oublier qu’en février 2012 il avait déjà perdu 5 conseillers.

Le 10 février 2012, dans le n° 3169 du Journal de Criquetot, nous lisions ceci :

 

article Journal de Criquetot - "les élus en mal de maire"- 10/02/2012

 

 

 

Cliquez sur l'image pour lire l'article

 

Depuis 3 autres ont encore démissionné : soit 8 au total sur 19.

Oui, notre maire (qui en d’autres temps dénonçait « le déni de démocratie »)  oublie de préciser que, depuis deux ans, les décisions qui engagent l’avenir de Saint Jouin Bruneval sont votées par seulement 8 Saint Jouinais.

Il oublie de dire que dans l’équipe restante, 3 conseillers n’habitent plus Saint Jouin.

Alors oui, on peut parler de bilan « exceptionnel » : voyez les communes autour de nous : aucune ne peut s’enorgueillir d’une pareille situation. C’est en  effet admirable, inaccoutumé, hors normes… qu’un conseil municipal se ratatine à ce point !

Comment alors faire confiance à un candidat qui n’est pas capable de travailler à long terme avec tous les membres de son équipe ? qui n’est pas capable de prendre en compte des avis divergents ? Les élus ne sont-ils pas là pour RASSEMBLER ?

 


[1] Texte original :

« Sous moi donc cette troupe s'avance, 
Et porte sur le front une mâle assurance. 
Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort 
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port » (Corneille, Le Cid, acte IV, scène 3)

 

S’INFORMER POUR MIEUX COMPRENDRE

La démocratie participative passe bien évidemment par l’information et la formation : elles stimulent la réflexion, permettent de confronter son point de vue à celui d’autrui, d’affirmer ses opinions en connaissance de cause.

Elles sont d’ailleurs au cœur des statuts de notre association : « Cette association a pour objet d’informer la population et la former aux responsabilités de la vie publique afin de contribuer à la vie démocratique du village de Saint-Jouin Bruneval et de la structure intercommunale à laquelle il appartient. » (article 2)

La formation est essentielle : notre page sur le nouveau fonctionnement des élections municipales en est la preuve Mais en cette période pré-électorale, l’information l’emporte sans doute. C’est pour cela que nous avons créé une page « Dans la presse » afin de porter à votre connaissance les articles politiques parus dans la presse locale. Bien sûr, nous ne partageons ces articles qu’une fois la vente des journaux concernés terminée (le soir ou le lendemain) afin de respecter toutes les personnes qui vivent de leur vente. Mais il nous semble important de rendre ces textes accessibles à tous : impartiaux, les journalistes offrent un éclairage différent du nôtre, plus engagé dans l’action. Vous constaterez également que,  dans une perspective démocratique, nous ne publions pas seulement les articles qui concernent notre candidat Patrice Delamare.

Et à propos d’information, nous avons envie de signaler un site que peut-être vous ne connaissez pas encore : http://www.xn--caltesdesign-zdb.fr/lecotedalbatreIl s’agit d’un journal local en ligne intitulé « Le Côte d’Albâtre, l’info d’ chez nous ». Pour tous ceux qui s’intéressent à la vie locale, qu’elle soit politique, sportive, associative, culturelle… ce site convivial est une véritable mine. Et en plus, il est beau !

Si, de votre côté, vous connaissez un site, un journal ou autre qui peut contribuer à enrichir notre documentation, n’hésitez pas à nous le signaler 

Politique et politicien

La politique expliquée à ma fille

En cette période pré-électorale, les enfants entendent beaucoup parler de politique. Certains mots vont et viennent dans les médias ou les conversations des parents. Du coup, hier soir, alors que je venais faire un dernier baiser à ma fille avant le coucher,  elle me dit :

« Dis, c’est quoi la différence entre un politique et un politicien ? 

– La différence entre un homme politique et un politicien ? À cette heure-ci ?

– Oui, Papa a dit tout à l’heure qu’il ne souhaitait pas un politicien à la mairie de notre village.

– Ça oui !

– Oui, mais c’est quoi la différence entre un homme politique et un politicien ? »

Bien, puisque j’avais déjà raté le début du téléfilm, autant prendre le temps de faire une leçon d’éducation civique…

«  Vois-tu, un homme politique, c’est quelqu’un de bien. Il va consacrer de son temps aux autres. Le politicien, lui, s’occupe de lui, de sa carrière.

– Comment ça ?

– Le politicien est un professionnel de la politique. Il en a fait son métier. Il ne fait que cela. L’homme politique, lui, appartient toujours à la société civile : comme tout le monde, il a un métier, des collègues…

– Il a le temps de faire les deux ?

– Bah, s’il est ministre, non. Mais quand on est maire d’un village de moins de 2000 habitants, on peut, oui. On peut être agriculteur, menuisier, ou principal de collège par exemple. Et l’avantage, c’est qu’on ne se coupe pas du quotidien des gens, vois-tu. Et on reste libre.

– Il y a d’autres différences ?

– Bien sûr ! Le politicien, lui, ne respecte pas ses électeurs. Par exemple, un candidat se présente sur une liste sans étiquette politique ; il est élu. Mais pendant son mandat il s’affilie à un parti ; eh bien ça, c’est manquer de considération pour ses électeurs.

– C’est vrai, c’est pas réglo.

– Bah oui. En plus, l’homme politique, lui, utilise le langage pour convaincre les gens, mais il s’appuie sur des valeurs qui sont les siennes, il est sincère. En revanche, chez le politicien, il n’y pas de cohérence entre son discours et ses actes.

– C’est-à-dire ?

– Par exemple, un politicien va invoquer des grandes figures humanistes, comme Nelson Mandela mais fera le contraire de ce qu’il dit. Par exemple, il prendra ses décisions seul, ou avec une poignée de personnes, sans concertation avec les habitants.  Et pourtant, que disait son prétendu modèle ? «Ce qui est fait pour nous sans nous est fait contre nous ».

– C’est super beau, ça !

– Oui, c’est la démocratie participative… Mais revenons à notre politicien. Il va parler de valeurs humaines… pourtant il utilisera la justice non pour la justice mais comme un instrument au service de ses intérêts partisans. Il est capable ainsi de parler de « coups juridiques ». De même, la loi, c’est fait pour quoi ?

-Bah… euh…  fixer des règles pour la société, non ? Et protéger les citoyens.

– Voilà ! Alors quand un politicien instrumentalise la loi pour se dérober ou pour esquiver des problèmes, que faut-il en penser ?

– Bah, je sais pas moi. Tu as un exemple ?

– Oui. Chaque citoyen a le droit de contrôler l’action des élus locaux. Pour ça, il a le droit de demander tout document qui rend compte des actions de Conseil Municipal, comme  une copie d’un compte administratif.  Le maire a le devoir de communiquer ces informations. La loi lui donne un mois pour le faire. S’il attend le dernier moment pour transmettre le document ou s’il attend qu’on saisisse une instance pour l’obliger à le faire…  crois-tu que ça, c’est être au service des gens ?

– Bah non.

– Voilà ! parce qu’il a obtenu la majorité des voix à un moment donné, il croit que tous les autres doivent se soumettre. Tout compromis semble méprisable. Et il a souvent recours à la stratégie qui consiste à ne dire qu’une partie des choses et à occulter le reste. Par exemple, il ne donne que certains chiffres ou qu’une partie des décisions du Conseil Municipal. Et toute cette stratégie coûte très cher : le budget « communication » d’un politicien est souvent impressionnant !

– Eh bien ! Je comprends mieux maintenant. Mais, dis-moi, tu n’as pas raté ton téléfilm là ?

– Si, mais j’ai gagné un beau moment avec ma fille ! »

Saint-Jouinais, votez pour vous

La démocratie participative, nous y croyons. Pour nous, ce n’est pas une expression vaine ou un élément de langage un peu flou.

Pourquoi la démocratie participative ?

L’idée de démocratie participative est née de la distance grandissante entre les élus et leurs administrés ; elle est née du sentiment des habitants d’être incompris des politiciens. N’est-ce pas ce que nous vivons à Saint-Jouin Bruneval ?

La démocratie s’est exercée il y a six ans mais depuis, elle a été confisquée. Le Conseil Municipal s’est réduit comme peau de chagrin ; la communication est devenue de « la com » ; les consultations organisées n’ont été que de pseudo-consultations sans suite ; le droit naturel du citoyen à l’information est piétiné : ainsi, savons-nous à qui l’ancienne mairie a été vendue ? Savons-nous à combien s’élève l’augmentation du budget 2013 ? Connaissons-nous l’endettement réel de la commune au 31 décembre 2013 ?

Agir ensemble

Ce n’est pas ainsi que nous rêvions le vivre ensemble à Saint-Jouin Bruneval. Dans un village d’un peu plus de 1800 âmes, les avis des gens doivent compter. Le pouvoir doit se partager et s’exercer dans la concertation avec les habitants. Il s’agit de construire des projets ensemble. Il ne s’agit pas seulement d’être « à l’écoute » : l’expression, bien galvaudée, est un brin méprisante. Il s’agit d’agir ensemble.

Ce n’est pas le cordonnier qui a mal aux pieds

Voilà pourquoi est née cette association : pour construire l’avenir ensemble. Assez des querelles et des « bandes ». Les habitants doivent tenir un plus grand rôle dans les décisions qui les concernent tous.

Pensons à John Dewey[1] qui affirmait : « C'est la personne qui porte la chaussure qui sait le mieux si elle fait mal et où elle fait mal, même si le cordonnier est l'expert qui est le meilleur juge pour savoir comment y remédier. »

Ainsi, Saint-Jouinais, en votant pour la liste Choisissons notre avenir ; vous voterez pour vous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


[1] John Dewey, Le Public et ses Problèmes, 1927